La maladie anti-immunitaire de Bruxelles nous appauvrit
CBAM, ETS et Pillar Two — trois attaques simultanées. La voie BiCRS/Éthanol est ignorée. Le citoyen européen est appauvri par sa propre direction.
Jacobus van Merksteijn · 19 juin 2026
Depuis le 1er janvier 2026, Bruxelles renchérit sa propre industrie de €75 par tonne de CO₂. Aucun remboursement pour qui exporte. Parallèlement, la taxe minimale s'applique. Parallèlement, la marge fiscale se rétrécit. Trois attaques sur le tissu productif, simultanées, issues d'une seule direction.
Ce qui se passe maintenant :
CBAM est entré dans sa phase définitive le 1er janvier 2026. €75,36 par tonne de CO₂ sur l'importation d'acier, d'aluminium, de ciment, d'engrais, d'électricité et d'hydrogène. La Commission européenne estime les coûts à €2,1 milliards par trimestre. Les exportateurs européens vers des marchés hors Europe ne reçoivent aucun remboursement — pure « reverse carbon leakage ». L'allocation gratuite ETS est réduite de 97,5 % (2026) à 0 % (2034).
Sources : GoClimate, juin 2026 · Green Calculus, juin 2026
EU ETS se situe à €60-€75 par tonne de CO₂. Le transport maritime est intégré à 100 % dans le système depuis 2026. ETS2 (bâtiments + carburant transport) arrive en 2027/2028. Chaque hausse de €10 renchérit le gaz de €5-€8 pour les ménages. Pour l'industrie énergo-intensive — Tata, Nyrstar, chimie, engrais — le modèle économique devient intenable.
Source : SurgePV, mai 2026
Pillar Two / taxe minimale 15 % est en vigueur depuis 2024. Première échéance GIR : 30 juin 2026. Les multinationales avec plus de €750 millions de chiffre d'affaires doivent payer 15 % d'impôt effectif dans chaque juridiction. Tous les incitants nationaux — patent box, déduction R&D, facilité d'investissement — sont effectivement vidés de leur substance via le top-up. Parallèlement : en Belgique et ailleurs en Europe, les déclarations DAC7+DAC9. Tout devient plus cher.
Sources : Acclime, juin 2026 · Global Law Experts, mai 2026
RED III reconnaît l'hydrogène comme infrastructure industrielle future — l'Allemagne vient de fixer un quota RFNBO de 10 % pour 2040. Pour BiCRS, le bio-éthanol, le carbone en circuit fermé, le cadre se durcit : 70-80 % d'économies de GES obligatoires, audit tiers, et les cultures vivrières et fourragères sont éliminées progressivement. CropEnergies AG (leader européen du bio-éthanol) plaide explicitement pour la reconnaissance de la biomasse à base de cultures et du CCU. Bruxelles le refuse.
Sources : Voice of Renewables, avril 2026 · WABIO Technology, juin 2026
C'est le paquet. Ce qu'il est réellement, dans le même langage que l'article sur La Haye :
La maladie anti-immunitaire de Bruxelles attaque le tissu productif européen, sur au moins trois fronts simultanément — tandis que le seul circuit carbone propre opérationnel, BiCRS et le bio-éthanol, est systématiquement ignoré au profit de l'hydrogène importé.
La folie en quatre chiffres
€75,36. Ce que Bruxelles impose par tonne de CO₂ à sa propre industrie — tandis que les concurrents américains et chinois paient €0 sur leurs marchés domestiques.
€2,1 milliards. Ce que coûte un seul trimestre de CBAM. Pour l'ensemble de 2026, cela représente entre €8 et €15 milliards. Tout payé par les importateurs européens et leurs clients.
€0. Ce qu'un exportateur européen vers des marchés tiers reçoit en remboursement. Il paye le prix ETS en Europe et affronte ensuite des concurrents qui ne paient aucun prix carbone ailleurs. Pure auto-destruction structurelle.
15 %. La taxe minimale qui neutralise tout instrument national de politique économique. Patent box en Belgique ? Top-up. Déduction d'investissement en France ? Top-up. Stabilisation des investissements stratégiques en Grèce ? Top-up. La politique économique nationale est par définition mise hors service.
Quatre chiffres, une conclusion : le citoyen européen est appauvri par sa propre direction. Pas par la Chine, pas par l'Amérique, pas par la Russie. Par Bruxelles.
L'aveuglement BiCRS
Ce que Bruxelles ne voit pas — ou ne veut pas voir.
L'Europe dispose d'une seule voie productive pour son énergie propre et son propre circuit carbone qui peut être développée maintenant : BiCRS et le bio-éthanol. Biomasse issue de l'agriculture locale, fermentation en éthanol, carbone capturé et retourné au sol. Aucune dépendance aux importations de GNL ou d'hydrogène de pays lointains. Pas besoin de CBAM, car c'est un circuit européen fermé. Pas besoin de subventions, car le marché fonctionne.
La Frise en a la preuve vivante avec la coopérative Agricycling : un an, une coopérative, 85 844 kg d'azote remplacés via le compost en circuit fermé, €4,4 millions de valeur sociétale, aucune subvention. Déployez cela à l'échelle européenne via le bio-éthanol et vous obtenez la fin de la dépendance énergétique aux importations — et du surplus d'azote.
Que fait Bruxelles ? Elle choisit l'hydrogène. L'Allemagne a obtenu en avril 2026 un quota de 10 % RFNBO dans le transport d'ici 2040, plus le statut « d'intérêt public prépondérant » pour l'infrastructure hydrogène jusqu'en 2045. Le bio-éthanol issu de cultures vivrières est progressivement exclu sous RED III. CropEnergies AG l'a écrit explicitement en juin 2026 : « Treat crop-based biomass, recycled carbon and CCU as complementary solutions » — Bruxelles a refusé.
Voie hydrogène (Bruxelles) : capitalistique, dépendante des importations, infrastructure pour 2045, à des décennies de la maturité commerciale.
Voie BiCRS (ignorée) : technologie existante, matière première locale, circuit carbone propre, déployable aujourd'hui.
Bruxelles choisit la première. Le citoyen européen paye pour la seconde qui n'arrive pas.
Trois attaques, un seul schéma
Ce que CBAM, l'extension ETS et Pillar Two ont en commun : chacun est, pris isolément, une politique « défendable ». Prévenir les fuites carbone. Lutter contre l'évasion fiscale. Égaliser les conditions de concurrence.
Mais compressés, simultanés, sans coordination et sans alternative propre, ils forment une seule attaque contre le tissu productif européen.
- CBAM renchérit l'entreprise européenne importatrice, étouffe l'entreprise européenne exportatrice, et ne génère aucun revenu pour les alternatives viables.
- ETS renchérit l'énergie en Europe, contraint l'industrie à partir ou à innover, sans fournir en retour aucune base énergétique européenne.
- Pillar Two démantèle les instruments fiscaux nationaux, impose l'uniformité, et n'offre aucune politique industrielle européenne en échange.
Trois tenailles sur une seule cellule productive. La cellule cède — vers le Texas, vers Shanghai, vers Dubaï. Et au sein de l'Europe, le citoyen reste avec des prix plus élevés, une industrie qui rétrécit, et une direction qui dit : « C'est bon pour le climat. »
Ce que les chiffres montrent — et ce qu'ils dissimulent
L'analyse Sandbag du 12 juin 2026 le reconnaît en partie ouvertement : il existe un « temporary funding gap » jusqu'en 2034 dans lequel les recettes CBAM sont trop faibles pour compenser les secteurs touchés. Les subventions « should focus on the period until 2034 ». Mais ces mêmes subventions sont effectivement neutralisées par le top-up Pillar Two. Bruxelles tend quelque chose d'une main qu'elle reprend de l'autre.
L'étude PIK (Phys.org, juin 2026) montre que CBAM à un prix carbone de $100/tonne peut provoquer un « effet Bruxelles » : quatre pays (Canada, Japon, Corée du Sud, Taïwan) adopteraient des tarifs carbone. La Chine uniquement en dessous de $20/tonne. Dans les conditions actuelles, la Chine ne participera pas — et les fuites carbone restent à 15 %.
En d'autres termes : Bruxelles paye le prix de €75 pour éviter 15 % de fuites — tout en laissant 85 % du problème intact et en poussant sa propre industrie vers le bord.
Ce qui doit changer
Cinq décisions dont l'Europe a besoin
- Remboursement export CBAM. Les exportateurs européens vers des marchés tiers doivent recevoir le même remboursement que les importateurs paient de charge. Sinon c'est du pur auto-sabotage. Le rapport Sandbag le reconnaît. La Commission le bloque.
- Reconnaître BiCRS / bio-éthanol comme équivalent à l'hydrogène sous RED III. La biomasse à base de cultures et le CCU comme voies de décarbonation légitimes. La proposition de CropEnergies : Carbon Utilisation Trading System (CUTS). Applicable dès aujourd'hui.
- Suspendre Pillar Two pour les incitants aux investissements verts. Élargir l'exclusion du revenu lié à la substance (Substance-Based Income Exclusion) aux investissements en substance industrielle et d'innovation, pas seulement à la masse salariale et aux actifs. Sinon toute politique industrielle nationale dépérit.
- Geler l'ETS jusqu'à ce que le déficit d'exportation CBAM soit comblé. La hausse du prix carbone sans remboursement export est une tenaille sur l'industrie européenne qui ne peut être justifiée.
- Arrêter les taxes patrimoniales sur rendements fictifs (Box 3, imposition sur l'accroissement du patrimoine, répercussion UTPR). Imposition uniquement sur la réalisation effective. Le capital qui ne part pas est le capital qui innove.
Le citoyen est appauvri
L'effet de tout ceci est prévisible. Le citoyen européen va, entre 2026 et 2030 :
- Payer plus cher l'énergie (le prix ETS monte, ETS2 arrive)
- Payer plus cher les biens (répercussion CBAM sur l'acier, l'aluminium, les engrais, le ciment)
- Pouvoir constituer moins de patrimoine (fictif Box 3 + Pillar Two + DAC9)
- Avoir moins de travail (l'industrie part vers le Texas et l'Asie)
- Avoir moins de sécurité alimentaire (l'agriculteur quitte les Pays-Bas, les intrants énergétiques importés)
- Ne pas obtenir sa propre base énergétique (BiCRS ignoré, l'hydrogène arrive trop tard)
Ce n'est pas une conspiration. Ni un complot chinois, ni une désinformation russe, ni une manœuvre commerciale américaine. C'est la direction européenne elle-même qui attaque son propre organisme, avec les meilleures intentions, à partir de modèles qui ne tiennent pas compte de l'origine de la prospérité européenne.
Bruxelles fait à l'Europe ce que La Haye fait aux Pays-Bas. La forme diffère. La maladie est la même. Et le patient — le citoyen européen — en devient systématiquement plus pauvre.
Et maintenant
L'agriculteur néerlandais est un miroir pour l'industrie européenne. Le montant de €212 795 par kilo d'azote aux Pays-Bas, c'est les €75 par tonne de CO₂ à Bruxelles. Les deux montants semblent logiques dans les modèles et sont en réalité autodestructeurs.
Les deux montants continuent tant que le citoyen ne dit pas : non à cela.
Bruxelles est plus loin que La Haye. Le Parlement européen est plus difficile à atteindre que la Chambre des représentants. Mais c'est précisément pourquoi ce moment est critique. L'extension CBAM suit maintenant le parcours ECOFIN. L'échéance GIR Pillar Two est le 30 juin 2026. La mise en œuvre de RED III est fixée dans la législation nationale ce mois-ci. Qui ne le nomme pas maintenant en subira les conséquences pendant au moins une décennie.
Het Open Vizier le nomme. Et demande à chaque lecteur, entrepreneur, agriculteur, PME, dirigeant-actionnaire, salarié : Dites-le autour de vous. Réveillez vos propres cellules Treg. La maladie auto-immune européenne est une maladie guérissable — mais seulement si le patient ose reconnaître sa propre erreur de reconnaissance.
Le citoyen européen est appauvri par sa propre direction.
Pas par le monde extérieur. Pas par la Chine. Pas par l'adversité. Par Bruxelles.
Et le traitement existe. Il est sur la table. Il est ignoré.
